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Terres humides

Les terres humides

Le projet de mise en valeur de la Baie McLaurin


Les terres humides

Les milieux humides renferment d’innombrables variétés de paysages. On trouve ces milieux aux abords des eaux courantes ou stagnantes ainsi que dans des champs ou des boisés. En somme, ils se trouvent partout où la nappe phréatique est près de la surface et où l’on trouve, au moins périodiquement, des plantes tolérantes à l’eau. Les terres humides se présentent sous diverses formes que ce soit le marais, le marécage, l'étang ou la tourbière. Selon Environnement Canada, elles représentent environ 14 % de la superficie du Canada et constituent un des principaux enjeux de conservation actuels.

Mais qu’est-ce qu’une terre humide au juste?

Une terre humide, c’est tout simplement un espace recouvert durant une partie du jour ou de l’année par une étendue d’eau. La Convention relative aux zones humides d'importance internationale, signée à Ramsar en Iran en 1971 (adhésion du Canada en 1981), définit les zones humides comme « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas six mètres ».



Baie McLaurin (Source : CREDDO)

Deux sortes de terres humides sont identifiées : celles d’eaux douces et celles d'eaux salées. Les terres humides de la Baie McLaurin et Clément sont de la première catégorie. Leurs limites sont généralement établies au printemps, alors que le niveau de l’eau est à son plus haut à cause de la fonte des neiges et des inondations. De telles étendues d'eau diminueront graduellement, parfois complètement, avec la sécheresse de l'été, l'évaporation et l’infiltration. Toutefois, même si une terre n’est recouverte d'eau que pendant une courte période de l’année, elle constitue néanmoins une terre humide. Les terres humides d’eaux salées sont quant à elles régies par les marées, subissant à plus ou moins forte raison des cycles d’assèchement et d’inondation.

Il existe quatre types principaux de terres humides : les étangs, les marais, les marécages et les tourbières. Quelles sont les différences entre ces dénominations? Les définitions suivantes sont celles adoptées par le Service canadien de la faune :

  • L'étang consiste en un bassin bien défini occupé par de l’eau stagnante et qui n'est envahi par la végétation qu’en périphérie. Il est principalement alimenté par la pluie et la fonte des neiges, puis il perd son eau par infiltration, évaporation directe et transpiration des plantes.
  • Le marais est sujet à des inondations périodiques, particulièrement s'il est situé près d’une rivière ou d’un lac, ou encore, s’il s’agit d’un marais salé, situé près des eaux de marée. Par conséquent, le niveau de l’eau peut changer de façon très marquée. Les limites du marais ne sont pas aussi bien définies que celles de l'étang. Un marais peut aussi s’assécher complètement avant la fin de l’été. Un marais est un lieu envahi d’herbes grossières, de carex et de joncs. Les cuvettes remplies d’eau et les bourbiers des prairies peuvent ressembler aux étangs et aux marais selon leurs caractéristiques et l'endroit particulier où ils se trouvent.
  • Un marécage est essentiellement un marais boisé, une zone gorgée alimentant des arbres, des arbrisseaux des herbes et de la mousse. De l’eau stagnante ou coulant tout doucement couvre une grande partie de la surface pendant la saison où les pluies sont abondantes.
  • Une tourbière est une zone mal drainée tapissée de mousse. La mousse se décompose lentement en couches successives et finit par se transformer en tourbe.

    A quoi servent les terres humides?

Selon Canards Illimités Canada, les terres humides remplissent plusieurs fonctions écologiques :

  • Les terres humides participent à la régulation du débit des cours d'eau. En effet, elles agissent comme de grandes éponges en absorbant l’eau en surplus et en laissant l’eau s’évaporer lentement pendant les saisons plus sèches. Elles réduisent ainsi le risque d’inondation, atténuent les crues et tempèrent les effets de la sécheresse. Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d'eau, permet l'alimentation des nappes d'eau souterraines et superficielles.
  • Les terres humides contribuent ainsi à réduire l’érosion des berges.
  • Elles aident à purifier les eaux de surface. En analogie avec les reins du corps humain, elles filtrent les eaux des lacs, des fleuves ainsi que des rivières et réduisent leur taux de pollution. D’autre part, la végétation des terres humides capte le phosphate et d’autres éléments nutritifs végétaux provenant des sols avoisinants, ce qui ralentit la croissance des algues et des herbes aquatiques et participe à la préservation de la qualité de l’eau.
  • Les terres humides sont des lieux d'abri, de nourrissage et de reproduction pour de nombreuses espèces. Elles constituent l’habitat, du moins pour une partie de l’année, de nombreux poissons, oiseaux et autres animaux et en assurent les besoins essentiels. A titre d’exemple, plusieurs espèces d'oiseaux y trouvent les matériaux nécessaires à leur nidification et les structures requises pour leur survie. Les mammifères y trouvent une source abondante de nourriture et de quoi s’abriter. Sans les terres humides, certaines espèces sauvages disparaîtraient et la biodiversité * de cet écosystème* en serait grandement affectée.

     
  • De par leur grande qualité paysagère, les zones humides sont des lieux de détente, de découverte et de loisirs, propices à de nombreuses activités récréatives, telles la navigation, la chasse ou la pêche.

Le Projet de Mise en Valeur des terres humides du complexe Baie McLaurin – Baie Clément



Vue de la Baie McLaurin prise en hélicoptère (Source : CREDDO)
En Outaouais, de Gatineau à Plaisance, nous trouvons plusieurs terres humides renfermant une diversité et une richesse faunique et floristique des plus remarquables. En fait, ces terres humides constituent une série d’écosystèmes complexes, soutenant les habitats de nombreuses espèces rares, menacées, vulnérables ou susceptibles de l’être.

Suite aux acquisitions de terrains réalisées par la Fondation de la faune du Québec ainsi que par Canards Illimités dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, la grande majorité de ces milieux sont maintenant la propriété du Ministère des ressources naturelles et de la faune (MRNF) du Québec et ce dernier est en voie de créer un refuge faunique linéaire de 50 km ayant une superficie d’environ 5 000 hectares.

Le Projet de mise en valeur concerne le complexe des Baies McLaurin et Baie Clément. Ce dernier, d’une superficie d’environ 17 km2, est situé entre la route 148 au nord, la rivière des Outaouais au sud, la carrière Lafarge à l’ouest et la rivière du Lièvre à l’est.



Figure 1 : Localisation du site concerné par le Projet de Mise en Valeur

L’objectif de ce projet vise la conservation et l’amélioration des habitats fauniques assortie d’une utilisation récréo-éducative. Cette mise en valeur récréo éducative de ce complexe permettra à la population locale et même à la clientèle touristique d’avoir un accès contrôlé à un environnement naturel unique et diversifié à proximité des centres urbains.

Pont flottant de la Baie McLaurin (source : CREDDO)

L’aménagement d’un sentier pédagogique (d’une longueur de 1.6 km) ainsi qu’un pont flottant vient d’être réalisé. Ils vous permettront d’observer une diversité faunique et floristique unique en toute tranquillité. Des panneaux présentant la biodiversité du site vous accompagneront le long du sentier, attirant votre attention sur certaines espèces que vous pourrez reconnaître par la suite lors de votre parcours.

La Fondation de la faune du Québec a récemment financé un fascicule décrivant cette biodiversité exceptionnelle disponible ici.

Quelles sont les caractéristiques des terres humides du complexe Baie McLaurin- Baie Clément?

Le complexe Baie McLaurin- Baie Clément :

  • D’une surface de 1700 hectares, le complexe Baie Mc Laurin et Baie Clément est composé d’environ 80% de zones marécageuses et de forêts.
  • Il fait partie des sites visés par le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (PNAGS).
  • En vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune et de son habitat, le secteur de la baie McLaurin est classé comme habitat faunique prioritaire.

Une végétation particulière



Érable argenté
  • Présence d’une érablière argentée, habitat privilégié du canard branchu.
  • Présence de plusieurs essences d’arbres rares : micocoulier occidental, charme de caroline, orme de thomas, chêne blanc, noyer cendré, chêne à gros fruits, etc.
  • De nombreux herbiers à plantes émergentes et à plantes submergées sont présents.

Une faune diversifiée

  • Poissons : Baie McLaurin : 15 espèces de poissons inventoriées ; Baie Clément : 20 espèces de poissons inventoriées ; 3 sites de frayères connus ou présumés.
  • Amphibiens et reptiles : ce complexe est fréquenté par 33 des 35 espèces d’amphibiens et reptiles présents au Québec.


Perchaude

 



Petit Blongios
  • Oiseaux : Zone marécageuse de prédilection pour la sauvagine qui y trouve nourriture et abri en abondance. On trouve sur ce site une espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable selon le Ministère des ressources naturelles et de la faune Québec et menacée selon Environnement Canada : le petit Blongios.
  • Mammifères : Plus d’une vingtaine d’espèces de mammifères vivent dans les zones humides en bordure de la rivière des Outaouais : loutres de rivière, ratons laveurs, rats musqués.

 



Rat musqué


Raton laveur

Espèces animales ayant un statut de vulnérabilité :

  • la tortue molle à épines (considérée menacée par le MRNF Québec et le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC))
  • la tortue géographique (considérée comme vulnérable par le MRNF Québec et préoccupante selon le COSEPAC). Le Parc National de Plaisance a publié un dépliant permettant la reconnaissance des tortues. Ce dernier est disponible ici.
  • la rainette faux-grillon (vulnérable selon le MRNF Québec)
  • l’esturgeon jaune (susceptible d'être désigné espèce menacée ou vulnérable par le MRNF Québec et espèce menacée selon le COSEPAC)
  • le petit polatouche (susceptible d'être désigné espèce menacée ou vulnérable par le MRNF Québec et espèce préoccupante selon le COSEPAC)

En quoi consiste le Projet de Mise en Valeur des terres humides du complexe Baie McLaurin - Baie Clément?

Les objectifs du Projet de Mise en Valeur des terres humides du complexe Baie McLaurin – Baie Clément

Le Projet de mise en valeur récréo-éducatif du complexe Baie McLaurin et Baie Clément (PMVRE) a pour vocation principale de protéger les terres humides situées le long de la rivière des Outaouais en tenant compte de la fragilité des habitats pour la faune et la flore qu’on y retrouve. Ceci dit, il cherche à intégrer un volet récréo-éducatif avec l’objectif de permettre l’accès du public au site et d’accroître l’appréciation de sa richesse faunique et florale exceptionnelle.

De façon plus détaillée, l’objectif principal du PMVRE sous-entend trois objectifs spécifiques représentant définitivement des gains environnementaux importants, soit de :

  • Garantir la vocation faunique du territoire tout en respectant le cadre de développement des activités et des infrastructures autorisées à l’intérieur du territoire couvert par le plan de mise en valeur récréo-éducatif du complexe Baie McLaurin et Baie Clément.
  • Assurer la conservation des habitats (maintenir la biodiversité des espèces, protéger et restaurer les zones humides) tout en favorisant leur utilisation durable.
  • Favoriser l’éducation de la population au niveau des activités de sorties éducatives dans les écoles et des visites par la population. Assurer également le partage de cet héritage avec les touristes étrangers qui nous visitent.

Le contexte réglementaire et l’historique des actions menées jusqu’à présent

Suite aux acquisitions de terrain, appartenant à Hydro-Québec, réalisées par la Fondation de la faune Québec (FFQ), Canards Illimités ainsi que par le Ministère des ressources naturelles et de la faune du Québec (MRNF), la nécessité de mettre ces terres humides en valeur a été soulevée dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine.

À l’automne 1999, la FAPAQ (Société de la faune et des parcs du Québec, actuellement le secteur Faune du MRNF) publiait un rapport intitulé le Plan de mise en valeur récréo éducatif du complexe Baie McLaurin et Baie Clément et demandait à certains organismes du milieu dont le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), le Club des ornithologues de l’Outaouais (COO), la Fédération québécoise de la Faune (FQF -Outaouais) ainsi qu'à la Fédération des chasseurs et des pêcheurs du Québec de former une corporation en vue de gérer le projet. La corporation de gestion des berges de l’Outaouais voit le jour en 2001. Dès lors un jeune biologiste, travaillant pour le compte de la FQF et de la FAPAQ, prépare une demande de subvention pour défrayer le coût des infrastructures (trottoir flottants, poste d’accueil etc.) au Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD). Après plusieurs péripéties, une subvention est accordée en mars 2002. En mai 2003, le Centre local de développement (CLD) de Gatineau a aussi accordé au CREDDO, qui a repris le projet, une subvention en vue de préparer un Plan d’opérationalisation, produit en septembre 2003 par Innovar. Depuis le CREDDO a rencontré tous les partenaires ayant des projets dans le secteur à diverses reprises et veillé à l’élection d’un nouveau conseil d’administration en 2005. Un chargé de mission du CREDDO s’est occupé de la mise en place des premières recommandations du Plan de mise en valeur récréo éducatif pour le complexe Baie Mc Laurin et Baie Clément. Un sentier pédestre (avec pont flottant d’une longueur de 1.6 km) agrémenté de panneaux d’interprétation a donc été mis en place ; de plus un stationnement pour 13 automobiles et pour vélos ainsi qu’un débarcadère pour autobus permettent d’accéder facilement au site.

En 2006, deux stagiaires ont élaboré un fascicule de sensibilisation sur l’intérêt écologique de ces zones humides ainsi qu’un jeu sur les espèces présentes sur le site, grace à l'apport financier de la Fondation de la Faune du Québec. Le projet continue avec l’embauche en 2008 d’une deuxième chargée de mission pour la mise en place d’activités récréo-éducatives.

Les actions en cours et à venir

Nous nous concentrons sur la mise en place d’activités éducatives, en lien avec les écosystèmes des zones humides, visant à faire découvrir le site aux riverains mais également aux touristes. A titre d’exemple, nous organisons des soirées contes et chorales de grenouille, des sorties éducatives grand public, avec les scolaires ou les camps de jour (observation de la faune et flore des marais)… Voir le programme des activités pour plus d’informations ici.

 

 

Grace au financement de la Ville de Gatineau et de la Fondation Hydro-Québec pour l'environnement, nous sommes en train de faire construire  une tour d'observation et un belvédère pour achever la valorisation de la baie McLaurin.

Inauguration le 2 septembre 2009, 14h!

(RDV: Parc Martin-Larouche)

C’est un projet d’envergure qui contribuera à la qualité de vie de la population locale et qui, une fois achevé, représentera un bel exemple de développement durable des ressources fauniques et floristiques.

 

 


Abréviations

  • CLD : Centre Local de Développement
  • COO : Club des Ornithologues de l’Outaouais
  • FAPAQ : Société de la Faune et des Parcs du Québec
  • FAQDD : Fonds d’action québécois pour le développement durable
  • FFQ : Fondation de la Faune du Québec
  • FQF : Fédération Québécoise de la Faune
  • COSEPAC : Comité sur la Situation des Espèces en Péril au Canada
  • MRNF : Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune
  • PMVRE : Plan de Mise en Valeur Récréo-Éducatif
  • PNAGS : Plan Nord-américain de gestion de la sauvagine. En 1986, les gouvernements du Canada et des États-Unis ont signé le PNAGS en réaction au brusque déclin des populations de sauvagine causé par la destruction de leurs habitats. Il s’agit d’un programme important qui vise à protéger les terres humides restantes.

Glossaire

Les définitions sont tirées de Wikipedia

Biodiversité : diversité du monde vivant

Écosystème : En écologie, un écosystème désigne l'ensemble formé par une association ou communauté d'êtres vivants et son environnement géologique, pédologique et atmosphérique. Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d'interdépendances permettant le maintien et le développement de la vie.

Bibliographie

Ouvrages

Belleau, 2007, Plan d’affaires complexe de la baie McLaurin, 143p.

Nove Environnement, 1999, Plan de mise en valeur récréo-éducatif du complexe Baie McLaurin et Baie Clément, 34p.

Sites Internet


 
 
 
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